Disque Souché

Publié le par Centre Culturel La Marchoise

 Je voudrais attirer votre attention sur le dernier disque de Philippe SOUCHé : « VICINAL ORDINAIRE ». Tout y est bon, à commencer par le titre, avec cette idée du quotidien de l’aventure individuelle, toujours extraordinaire dans sa banalité de « road-movie ».
La musique : permettez que je m’en débarrasse en deux mots (même si c’est avant tout un disque musical) ; elle est belle, dansante, toujours aux limites du « jazzy » ; et l’accordéon très personnel et reconnaissable de Philippe accueille avec bonheur les autres instruments de ses complices : violon, guitare, trompette, clarinette…Tout cela reste plus qu’honnête ; et si j’ai l’air de traiter le sujet avec un peu de désinvolture, c’est qu’il y a belle lurette que les musiques et musiciens issus des actions de l’UPCP ont fini de m’intéresser pour au moins deux grandes séries de dérives : avoir voulu monopoliser l’espace créatif, et avoir méprisé leurs origines (tout cela se discute bien sûr) ; j’ai vu par hasard l’autre jour dans le poste un groupe phare de la région, avec un gros gars qui voulait à toutes forces montrer qu’il déchiquetait ses influences en buffant comme un enragé dans sa clarinette ; moi, ça ne me parle pas, et pourtant j’ai des grandes oreilles.
Or, Philippe défriche avec bonheur un autre espace créatif qui est celui de la musicalité des mots et des sons, déjà un peu abordée autrefois par l’ami Jaulin et « Jan dau fiao » ; l’utilisation des ressources sonores, percussives et rythmiques de la langue d’ici (en l’occurrence celle du Mellois) ; vous en connaissez beaucoup vous, des auteurs qui font chanter les triphtongues ? Eh bin, en voilà au moins un…
Et alors, permettez…La grande tendresse dans l’évocation de l’étonnement quotidien ; Philippe nous redonne ici « Emma » (chantée par Christian Pacher), et « Denis », l’épicier ambulant ; mais il ajoute aussi à sa galerie plusieurs petits bijoux : « vicinal ordinaire », le titre éponyme (ça y est, je l’ai placé !...), « Du lilas pour Lou », variation en « l » que n’aurait pas désavouée Bobby Lapointe, et surtout (pour moi) « L’auberghère », un petit conte fracassant , un texte ciselé avec la pointe du cœur.
T’as pas besoin d’essujher tes lunettes, Philippe, tu vois très bien le monde coume l’est fait.

Pierre CHEVRIER

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Centre Culturel La Marchoise 05/12/2007 09:53

Il n'est pas possible de mettre un extrait de ce disque.

Petit 05/12/2007 06:51

Pour donner encore plus l'envie d'acheter ce disque (CD?), peut'on en avoir un extrait sur le blog ?Jean-Michel